lundi 31 mars 2008

Appel à solidarité avec les Tibétains

Répression chinoise au Tibet
les Africains doivent sortir de leur mutisme.

Depuis quelques semaines, les Tibétains profitent de l'organisation des jeux olympiques à Pékin pour revendiquer le respect de leur culture de la part de la Chine. Pour mémoire, en 1949, l'armée chinoise de Mao ZeDong envahit le Tibet et contraint la petite armée tibétaine à la reddition et à signer le 23 mai 1951, un « Accord en dix-sept points », reconnaissant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. En 1959, le Dalaï-Lama s'exile et renie ce traité. A partir de ce moment, la Chine a déployé une terrible machine afin d'anéantir toute velléité de résistance: écrasement de la culture tibétaine (pillage et destruction des monastères), persécutions et assassinats des religieux (moines), stérilisation des femmes... En 1989, le Dalaï-Lama reçoit le prix Nobel de la paix, des émeutes à Lhassa ont été douchées dans le sang et la loi martiale est déclarée. En 1994, posséder une photo du Dalaï-Lama est interdit et la répression est accentuée. Bref, en 60 ans, environ 2 millions de Tibétains (le quart de la population) sont morts des suites de l'occupation (au combat, de famine, en prison, exécutés, torturés ou suicidés...). Aujourd'hui, il existe au Tibet environ 8 millions de Chinois contre 6 millions de Tibétains. Il s'agit là bel et bien d'une colonisation et d'une stratégie d'extermination d'un peuple dont l'histoire a commencé en l'an 127 de notre ère avec l'établissement de la dynsatie Yarlung et qui a connu son unification dès le VIIè siècle.

Cet état de chose est inacceptable. Et il faut avoir le courage de le dire haut et fort. Nous, Africains qui avons connu la colonisation et les crimes consubstantiels à elle et qui subissons aujourd'hui le néocolonialisme dans ses formes les plus désastreuses, sommes le peuple le mieux placé pour dénoncer l'attitude de la Chine au Tibet. Nous sommes fondés à nous élever contre cette colonisation et cette usurpation des terres du Tibet pour trois (3) raisons fondamentales:

La Première. La Chine est membre du Conseil de Sécurité de l'ONU. Elle est donc très influente dans les instances internationales de décisions. Par les prérogatives que lui confère ce titre, elle est tenue de respecter les droits de l'Homme et surtout les libertés des autres peuples. En choisissant de tuer les Tibétains, la Chine viole les normes prescrites par la Charte de l'ONU et l'ensemble des principes du dispositif légal international. En conséquence, la Chine s'inscrit dans l'ordre des USA, de la France, de la Russie, de la Grande-Bretagne ... qui se sont permis et se permettent de massacrer les peuples désarmés mais pourvus de richesses de tous ordres. Ces pratiques ne peuvent qu'encourager d'autres pays et mettre constamment la vie des peuples « faibles » en danger. Les Africains ne doivent pas accepter ou se montrer indifférents lorsque les puissants massacrent les faibles ou les peuples qu'ils ont sciemment affaiblis. Notre survie en dépend.

La seconde. La chine est très présente en Afrique. Du petit commerce au plus haut niveau de l'Etat, les Chinois sont partout. Ils inondent le marché africain de leurs produits, écrasant au passage les petits commerçants africains qui finissent par couler sous l'asphyxie de la concurrence « déloyale » que les Chinois leur livrent au nez et à la barbe des chefs de circonscriptions africains. La Chine développe d'autre part, des relations militaires importantes avec les régimes corrompus en formant les gardes prétoriennes africaines aux techniques de tortures et de répression qui sont les siennes au Tibet et à l'égard de ses propres citoyens. Elle soutient même des guerres.
Un autre aspect de la présence chinoise en Afrique consiste en la stratégie d'accorder « des prêts à faibles taux et sans conditions » aux pouvoirs africains et piller en retour les richesses minières. Dans les entreprises chinoises implantées en Afrique, les conditions de travail sont rudes, les salaires sont extraordinairement bas, les droits de grève sont systématiquement interdits et les licenciements sont abusifs et sans mesures d'accompagnement. Les bénéfices qu'elles font sont systématiquement renvoyées en Chine. La Chine ne fait pas mieux en Afrique. Sa démarche est identique à celle des pays Occidentaux. Pour toutes ces raisons et considérant le rôle que la Chine joue et veut jouer en Afrique, ses agissements au Tibet nous regardent.

La troisième. Les Occidentaux critiquent la colonisation du Tibet. Lorsque l'on sait que ces pays ont pratiqué et continuent de pratiquer la colonisation, leur engagement semble insincère surtout que ce n'est pas aujourd'hui qu'ils découvrent la question tibétaine. Ces pays n'ont pas les mains suffisamment blanches pour se saisir de ce dossier. Les pays occidentaux dans leur majorité, ont bâti leur fortune sur l'esclavage, la colonisation, l'apartheid, l'extermination des cultures de certains peuples et autres crimes. Comment peuvent-ils légitimement s'indigner que la Chine massacre les Tibétains, pille leurs fabuleuses richesses, interdit leurs pratiques religieuses et prend leurs terres? Eux qui ont asphyxié les cultures, langues et religions africaines s'indignent aujourd'hui des mêmes recettes utilisées par la Chine. Eux qui louent publiquement le rôle positif de la colonisation trouvent inacceptable la colonisation du Tibet. Même s'il vaut mieux changer que rester idiot, se sont-ils sondés eux-mêmes avant tout? Ont-ils fait leur autocritique avant de vouloir donner des leçons? Eux qui forment la police chinoise (les coopérants occidentaux et principalement français), l'équipent (EADS) et donnent les moyens à la Chine de brouiller les fréquences informatiques (le Groupe Thalès).

Pour tout cela, les Africains qui ont connu la colonisation, semblent le mieux placé pour dénoncer ce qui se passe au Tibet. Les conséquences de la colonisation sont encore vivantes en Afrique. Les sociétés africaines en portent les stigmates et cherchent aujourd'hui à se reconstruire non sans difficultés. Ayant connu ce viol et cette chosification, le pillage et le saccage de notre culture, les Africains ne doivent cautionner par le silence, ce qui se passe au Tibet. Même si nous sommes à des milliers de kilomètres, nous avons la légitimité suffisante et incontestable pour dire aux Chinois notre indignation face aux crimes au Tibet et manifester notre soutien au courageux peuple Tibétain. Sans aucune naïveté ni illusion de changer radicalement le cours des évènements, compte tenu de ce que représente la Chine aujourd'hui sur le plan mondial, nous qui nous sommes toujours battus contre le colonialisme et pour le respect de nos valeurs culturelles africaines, pouvons tout au moins clamer que le combat des Tibétains pour la survie de leur culture est aussi le nôtre. Par ce geste, nous aurons montré, n'en déplaise à nos détracteurs, que nous comptons et militons sans armes nucléaires et au-delà de nos murs, pour un monde plus juste et plus pacifique.

Le président Hu Jintao disait à l'Université de Pretoria en Afrique du Sud, lors de sa tournée en Afrique en 2007 ceci « en raison des souffrances qu'ils ont endurées et de la lutte qu'ils ont menée- et qu'ils n'oublieront jamais- les Chinois sont catégoriquement opposés au colonialisme et à l'esclavage sous toutes leurs formes. La Chine n'a jamais imposé sa volonté ou des pratiques inégales à d'autres pays et ne le fera jamais à l'avenir ». Le même Hu Jintao peut-il tenir ces propos devant les Tibétains, les Mongols, les Mandchous et les Ouighours? Cela s'appelle du négationnisme ou tout au moins du révisionnisme contre lesquels les Africains se battent quotidiennement. En conséquence, nous devons manifester toute notre solidarité, fut-elle, verbale aux Tibétains et marquer notre dégoût quant aux agissements de la Chine qui a connu, elle-même, en son temps, une histoire douloureuse.


Rodrigue KPOGLI

mardi 25 mars 2008

Le racisme dans les stades: indignation ou hypocrisie française


Ces derniers temps, il y a résurgence des comportements racistes dans les stades européens et français particulièrement. Les joueurs africains sont humiliés par des spectateurs racistes qui émettent des cris de singes ou claironnent tout au long du match « sales nègres ». Le cas Ouaddou- joueur marocain de Valenciennes- qui a frappé les consciences, s'inscrit dans une continuité. Au cours d'un match, même le Tchèque Milan Barros se pince le nez et se ventile pour « éviter l'odeur » du Camerounais Mbia. Samuel Eto'o, Marc Zoro, Kébé et bien d'autres ont eu leur lot d'humiliations. Eux et bien d'autres ont et en auront malheureusement encore. Ce n'est pas une fatalité mais une réalité regrettable. Car nombre d'occidentaux ne peuvent se départir de l'élan raciste qui a poussé leurs aïeux à théoriser et pratiquer l'esclavage, la shoah, la colonisation, l'élimination des Indiens et bien d'autres crimes. Si le néocolonialisme reste aujourd'hui une réalité, c'est que chez la majorité des Occidentaux, le racisme est héréditaire. Ces gens ne supportent pas des humains d'autres cultures coupables d'avoir une peau différente de la leur. Pour d'autres, le racisme est, à notre avis, d’ordre stratégique. Il fallait bien décréter une race inférieure quelque part pour faire passer certaines volontés, idées et pratiques que d'autres ne peuvent tolérer.

L'exemple vient du sommet ou soigner le mal à partir des racines

Comment peut-on aujourd'hui lutter contre l'humiliation des joueurs africains dans le championnat français sans autopsier un passé si présent dans les esprits? Le poisson commence par pourrir de la tête, dit-on. Il ne faut pas aller trop loin dans l'histoire pour rechercher les racines du mal. Jacques Chirac disait le 19 juin 1991 que les Africains (Noirs et Maghrébins) ont une odeur insupportable et font trop de bruits. Cela ne l'a pas empêché de devenir président et de se considérer cyniquement à la face du monde comme « l'avocat de l'Afrique ». Et les chefs de circonscriptions africains n'ont jamais manqué l'occasion d'adouber le « cher Jacques » et de s'agglutiner autour de lui pour des photos de famille. Drôle famille!

Son successeur n'a pas fait mieux. De « la racaille » des banlieues qu'il voulait « nettoyer au Kärcher », Sarkozy de la rupture est devenu président des Français dans la continuité. Pour une rupture, il n'en fallait pas mieux. A Dakar à l'université Cheick Anta Diop le 26 juillet 2007, il crache à la figure des Africains en mondovision, en déclarant que l'homme Africain n'est pas entré dans l'Histoire et que le problème de ce continent est que ses enfants s'entretuent et sont corrompus congénitalement. Même si certains Français ont condamné ces propos à travers des écrits et des paroles, il n’en demeure pas que ces critiques n'ont pas été suffisamment fortes pour contraindre Sarkozy à l'excuse. Au contraire, son entourage en l'occurence Henri Guaino, s'est félicité que ce discours restera dans les annales et dans les discussions pour une dizaine d'années au moins. Pour justifier une pareille imbécillité, certains esprits malins, ont culpabilisé le griot du roi qu'est Henri Guaino, auteur des récitations de Sarkozy. Une façon subtile de dédouaner ce dernier connu pour son habitude à se passer de ses conseillers qu'il n'hésite pas à griller à l'occasion. Le même Guaino a, lui-même, justifié le discours de Dakar lors d'une émission « Ce soir ou jamais » de France3 avec l'aide bien précieuse d'un certain philosophe Camerounais, André Mbem dressé contre Aminata Traoré, pourfendeuse du discours incriminé.

Encore une fois, tout finit par rentrer en ordre. Personne ne peut punir Sarkozy et ses conseillers d'avoir insulté les Africains. Comme son prédécesseur, Sarkozy se dit « ami de l'Afrique et des Africains ». Si aujourd'hui, il coule dans les sondages, c'est bien davantage à son incurie à résoudre l'équation du pouvoir d'achat, à l'exposition de sa vie privée et à son style « bling bling » qu'il le doit. Ce n'est guère pour ses propos racistes à l'égard des Africains.

Molles critiques et indifférence

Quand ce sont de molles critiques et une certaine indifférence qui sanctionnent les autorités qui insultent les Africains, il est clair qu'elles deviennent et servent de modèles aux citoyens moyens. Lorsque le premier des citoyens français humilie les Africains, ce ne sont pas les citoyens moyens qui s'en priveront dès qu'ils en ont l'occasion. En un mot, lorsque l'exemple vient d'en-haut, on ne peut s'étonner de son émulation au sein de la société. C'est pour cela que nonobstant l'appel des officiels du foot français et du sous-ministre Bernard Laporte en faveur de sévères sanctions contre ceux qui traitent les joueurs africains de singes et de « sales negros », le problème demeure entier.

Faire recours aux « singes » pour collectionner des médailles

Cependant ces Français ont la mémoire courte et sont frappés du sceau de l'amnésie. Restons dans le foot après tout. En 1998, pour obtenir la coupe du monde, les Français ont dû faire recours aux Africains c'est à dire « aux singes ». Dans l'équipe de France d'alors, sur les 23 joueurs, il n'y avait de Français authentiques que Laurent Blanc, Didier Deschamps, Emmanuel Petit, Lionel Charbonnier, Barthez, Dugarry, Stéphane Guivarc'h. Tous les autres sont des étrangers et principalement Africains dont le plus célèbre, Zidane est supplié de ne pas quitter l'équipe à chaque fois qu'il souhaite aller en retraite. Aujourd'hui, c'est la même situation. De Malouda à Mandanda en passant par Govou, Nasri, Benzema et bien d'autres, la France pioche le meilleur des pays africains- ses colonies- pour garnir sa maison et décrocher des titres. Rôle positif de la colonisation? Bien sûr! Comme si les pays africains n'avaient pas eux besoin de grandeur et d'honneur sportive, la France n'hésite pas à sortir le grand jeu de la nationalité et de l'argent pour capter les jeunes qui auraient pu briller et stimuler les autres jeunes africains. En procédant de la sorte, la France pille l'Afrique et prive les sociétés africaines de modèles.

Ces gladiateurs des temps modernes qui ignorent l'histoire

Ironie du sort, ces gladiateurs des temps modernes ne s'émeuvent pas lorsque leurs compatriotes se trouvent en mauvaise posture. Mis à part Lilian Thuram qui mérite respect, le reste fait litière des problèmes de leurs congénères. Ils agissent comme si l'enfer c'est les autres. Chose inimaginable de la part des autres groupes humains notamment les Juifs par exemple. Insultez un Juif et vous trouverez pratiquement tous les Juifs sur votre chemin. Cette solidarité n'est pas une évidence chez les Africains. Et c'est bien dommage car d'importants détails de l'histoire leur échappent.

Lors de la guerre contre le nazisme, la France a dû faire recours aux Africains. Dès que la victoire fut acquise, ceux-ci ont été démobilisés et renvoyés à leurs casseroles. Leurs soldes n'étaient même pas versés. Ils n'ont eu droit à aucun suivi médical ni psychologique. Et lorsqu'ils se sont organisés pour revendiquer leurs droits à Thiaroye au Sénégal en 1944, c'est à coups de canon qu'ils ont été accueillis. Voilà comment on est payé quand on est des singes. En monnaie de singes, bien sûr! C'est pour cette raison qu'il est incompréhensible de voir des Africains s'enthousiasmer pour enfiler le maillot français alors même que des cris de singes sont dirigés contre leurs compatriotes. Leur silence, leur laxisme ou leur indifférence à l'égard du racisme est une complicité mieux une démission de leur titre d'homme. Ils ne méritent aucun respect.

Les joueurs africains de l'équipe de France doivent monter au créneau

Le jour où les Africains de l'équipe de France dont ils sont si fiers, se souviendront de l'histoire et décideront de jouer leur rôle d'hommes responsables, les cris de singes et les injures racistes cesseront ou du moins marqueront les pas dans les stades. Mais en attendant ce jour, on a beau faire porter aux joueurs des T-shirt frappés de messages antiracistes, la justice peut condamner quelques abrutis pour injure raciste, on a beau monter des spots publicitaires condamnant le racisme dans les stades, on a beau inviter Basile Boli (ami de Sarkozy) et bien d'autres au Journal de 20 heures, cela ne changera grands choses.

Les Africains sont interpellés

Beaucoup d'Européens ont pris l'habitude d'insulter les Africains en toute impunité et c'est cela qui favorise cette « ferveur » raciste. Cependant lorsqu'on insulte un Juif en France, ce sont les pouvoirs publics, l'ensemble de la classe politique et parfois le Président lui-même qui prennent les devants de la condamnation et appellent vivement la justice à se saisir de la situation et punir les auteurs. On vient d'ailleurs d'en avoir l'illustration avec le limogeage du sous-préfet de Saintes, Bruno Guigue1 qui a osé critiquer dans une tribune, la politique d'Israël (ce qui n'a rien d'antisémite). Il n'en est pas ainsi des Africains. Comme quoi, il existe des droits de l'Homme auxquels ne peut prétendre « l'homme Africain » si cher à Sarkozy. Pour ces raisons, les Africains sont interpellés. Ils doivent s'unir et se montrer solidaires pour se faire respecter.

Rodrigue KPOGLI

1 Officiellement, le sous-préfet a été limogé par son ministre de tutelle Michelle Alliot-Marie pour avoir violé le devoir de réserve que lui impose sa fonction. Mais personne n'est dupe. Heureusement!

jeudi 6 mars 2008

TOGO: La presse en danger



COMMUNIQUE

Restriction inacceptable à la liberté d’expression au Togo.

La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) par sa décision N°0001/HAAC/08/P* vient d'interdire « définitivement » des éditoriaux, billets ou réflexions de Daniel Lawson-Drackey sur la Radio Nana FM au motif que ses analyses violent de façon constante les règles déontologiques et de la dignité humaine.

Aussi affirme la HAAC avoir recommandé à maintes reprises et sans succès à la direction de la Radio Nana FM de supprimer les productions du journaliste sur ses ondes.

Il est à noter que le HAAC ne mentionne dans son édit aucune plainte de citoyens togolais contre les analyses de Daniel Lawson-Drackey.

En fondant sa décision sur des formules vagues et des principes qu'aucun fait concret ne viole, la HAAC montre son acharnement contre la voix d'un journaliste qui ne fait que son métier. Elle montre aussi qu’elle est à l’oeuvre pour établir une presse de complaisance qui s’interdit des analyses sérieuses et objectives au Togo. Il faut rappeler que le vendredi 22 février 2008, la HAAC avait convoqué les directeurs de publication et rédacteurs en chef de la presse privée écrite à son siège à Lomé pour leur reprocher la diffusion des informations relatives au clivage Faure – Kpatcha. Par ces méthodes, la HAAC témoigne en outre que la démocratie au Togo chantée ces derniers temps reste un leurre.

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) s'élève vivement contre cette décision et ces agissements qui violent gravement la liberté de presse et qui sont de toute évidence, un complot contre la liberté d'expression et d'opinion déjà bafouées ou quasi inexistantes au Togo.

Elle condamne cette propension de la HAAC à museler tous les médias qui s'élèvent contre les pratiques mafieuses du pouvoir illégitime qui régente en toute impunité le Togo depuis un demi-siècle. En procédant ainsi, la HAAC agit contre l'avènement de la démocratie au Togo.

Elle demande donc à la HAAC d'annuler sa décision et de laisser travailler en toute tranquillité et responsabilité ceux des journalistes qui n'ont pas encore perdu leur courage ou ne sont pas encore détournés de leur mission au Togo.

Pour une fois encore, la J.U.D.A appelle Philippe EVEGNON, un journaliste ayant payé sous Eyadéma Gnassingbé un lourd tribut pour la liberté de presse au Togo, à se ressaisir et à refuser de servir, alors qu'il préside la HAAC aujourd’hui, d'instruments de répression et de musellement de ses confrères d'hier.

Enfin la J.U.D.A lance un appel au peuple togolais à la mobilisation contre cette parodie de démocratie dans laquelle les institutions n'oeuvrent pas pour agrandir les libertés mais plutôt s'activent avec zèle pour les restreindre au profit d'un clan.

ACTIONS RECOMMANDEES

La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique (J.U.D.A) demande à tous les militants et organisations de défense des valeurs démocratiques de se mobiliser pour obtenir le retrait de la décision de la HAAC précitée.

Veuillez envoyer vos appels et textes à l’adresse mentionnée ci-dessous:

- protestant contre l'interdiction sur la Radio Nana FM des analyses de Daniel LAWSON-DRACKEY qui constitue une restriction inacceptable à la liberté d’expression garantie notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que la Constitution Togolaise;

- demandant l'annulation immédiate et sans conditions de cette interdiction;

- demandant à la HAAC de laisser la presse jouer son rôle librement.


Adresse de la HAAC
BP : 8697, Lomé - TOGO
Tél : +228 250 16 78
Fax : +228 250 16 80
Cel : +228 903 45 90


Le 06 Mars 2008

Pour la J.U.D.A
Le Secrétaire Général,

Rodrigue KPOGLI